L’homme révolté (A. Camus)

Pour subsister dans le désert

Albert Camus extraits de “l’homme révolté
D’abord l’introduction, ensuite le chapitre introductif “l’homme révolté”, ensuite sur Max Stirner (fragments) comme nihilisme “dégradé” en réponse à la mort de Dieu, l’individualisme, l’hédonisme, et donc suprémacisme collatéral au 21ème siècle), ensuite sur Friedrich Nietzsche (extrait presque complet). En un mot : “dieu (en tant qu’autorité morale) = nature”?

C’est du nihilisme! C’est une déclinaison de révolte métaphysique lol. Camus écrit : “L’antithéisme surréaliste est raisonné et méthodique. Il s’affermit d’abord sur une idée de la non-culpabilité absolue de l’homme à ce qu’il convient de rendre “toute la puissance qu’il a été capable de mettre sur le mot Dieu”. Comme dans l’histoire de la révolte, cette idée de la non-culpabilité absolue, surgie du désespoir, s’est peu à peu transformée en folie de châtiment. Les surréalistes, en même temps qu’ils exaltaient l’innoncence humaine, ont cru pouvoir exalter le meurtre et le suicide.
On exalte ici non pas le meurtre et le suicide, mais le droit à la paresse lol.
En fait si je comprends bien, le monde se divise en deux catégories:
– les nihilistes “stirneriens” (individualistes)
– les nihilistes “socialistes”
Les premiers, niant la collectivité, exaltent l’individu. Les seconds, créant la collectivité et lui assignant un dessein “moral”, nient le réel, en tant que cette innocence de la nature.
Camus écrit:
Mais l’histoire universelle n’est qu’une longue offense au principe unique que je suis, principe vivant, concret, principe de victoire qu’on a voulu plier sous le joug d’abstractions successives, Dieu, l’Etat, la société, l’humanité.
On pourrait dire que c’est un peu une manière de voir la différence entre droite et gauche, dans de très gros traits, la gauche considère un collectif, l’hédoniste de droite refuse ces “jougs”, donc il n’existe que des individus. D’ailleurs puisqu’ils n’ont rien à défendre sinon leur propre cause individuelle, la démarche la plus cohérentre face à l’impossible victoire de la liberté à laquelle aboutiront certains surréalistes est le suicide, la fin brutale. Purement artistique pour Rimbaud, et réel pour d’autres. C’est pour dire* à quel point cette voie est sans issue?
* c’est là une réelle mise en pratique de l’art de se taire, exemple que l’abbé Dinouart* s’est bien gardé d’illustrer. Ce sont les points de suspension* définitivement incarnés.
* Voir ci-après.

En passant, le système de Pierre Kropotkine pourrait être vu comme une tentative de synthèse, de réunion de ces deux “nihilismes”?

La parole, arme la plus fatale? “Assurément“.
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Poème de Philippe Regnault